I - Présentation du marché et chiffres clés :
Le marché audiovisuel français subit aujourd’hui d’importantes mutations, dans les usages comme dans les contenus, en raison de la démultiplication croissante des canaux de diffusion.
Touchant la répartition des parts de marché, les audiences des chaînes traditionnelles s’érodent et se fragmentent, au profit de la TNT et des « autres chaînes » comme nous le voyons ci-dessous :
Mais plusieurs vecteurs de croissance viennent également bouleverser le décor audiovisuel français au détriment des axes de développement que nous connaissons habituellement.
1. Les nouvelles attentes du téléspectateur :
Face à l’offre de contenu potentiellement infini qui lui est offert et la multiplication des écrans (TV, ordinateur, Mobile …), le téléspectateur découvre et engendre de nouveaux usages. Il prend alors le contrôle de sa consommation, l’individualisant et la personnalisant chaque jour un peu plus.
Parallèlement aux usages, le vocabulaire évolue :
- multitasking,
- time shifting,
- nomadisme,
- délinéarisation,
- globalisation,
- TV 2.0…
La télévision entre dans l’ère du ATAWAD : AnyTime, AnyWhere, AnyDevice
2. L’évolution des terminaux :
Les contenus audiovisuels s’affranchissent de la télévision et investissent une diversité de terminaux : mobile, ordinateur… Mais l’enjeu tient également dans l’interphase de ces supports car ils sont à l’origine d’une modification profonde de la consommation. Ainsi, outre le risque que représente l’arrivée sur le marché de nouveaux diffuseurs de contenu tel que les opérateurs de télécommunications, l’arrivée des téléviseurs connectés est alors une véritable menace pour le média traditionnel.
3. Evolution du modèle de la télévision :
Les télévisions traditionnelles sont donc obligées de se réinventer et de développer de nouvelles offres.
4. L’offre délinéarisée :
CATCH-UP
- Mai 2007 : TF1 Vision en complémentarité de la VoD.
- Avril 2009 : refonte de TF1.fr (plateforme principale pour la catch-up TV.
- Service basé sur la technologie Wat.
- Financement basé sur la publicité (parrainage et coupures).
- 50% de la grille antenne (60h de programmes).
- Emissions de flux, et quelques programmes de stock.
- Juillet 2009 : TF1 Player pour iPhone et prochainement sur Google Android
3,99€/an.
- Novembre 2009 : MyTF1 sur la Bbox de Bouygues Telecom (prochainement sur les box des autres FAI).
VOD
- 2005 : lancement de tf1vision.com.
- Catalogue : 6500 vidéos (séries US et françaises, films, téléfilms, animation, documentaires…).
- Reprise sur la plupart des FAI : Free,Alice, SFR, Numericable et Bbox.
- Présence sur le mobile :
Développement d’une application pour iPhone,
Partenariat avec Sony Ericsson, Archos et Apple.
Offre VOD :
CATCH-UP
- Juillet 2007 : exclusivité à Orange.
- Programmes diffusés entre 18h et 24h (sauf cinéma, du sport et de l’information).
Période de validité :
- 7 jours pour le flux.
- Entre 7 et 30 jours pour le stock.
Janvier 2010 : évolution du service Rewind TV en 24/24 TV.
Accessible sur :
- 24/24 TV (Livebox et orange.fr).
- Orange World (partenariat Orange non reconduit en 2010).
- Lancement courant 2010 d’une plate-forme commune à toutes les chaînes du groupe.
VOD
- 2008 : lancement de francetvod.fr.
Programmes productions propres (stock et flux) + 70 films.
- Offre groupée à tarif dégressif (1, 2, n épisodes…).
Offre VOD :
CATCH-UP
- Mars 2008: lancement de M6 Replay.
- disponibilité 7 à 15 jours après la 1ère diffusion.
- Technologie : streaming vidéo.
- Financement : publicité (parrainage, écrans).
- Programmes entre 18h et 24h (sauf cinéma et sport) + flux de day-time et des émissions jeunesse (130 programmes).
- Janvier 2009 : arrivée dans le bouquet TV et portail mobile Orange.
- Août 2009 : arrivée sur la neufbox de SFR.
- Décembre 2009 : arrivée sur Canalsat, lancement de W9 Replay.
VOD
- Octobre 2009 : lancement de M6 VOD.FR, en partenariat avec Video Futur
2000 films + séries TV (NCIS, Kaamelott, Bones…).
- Décembre 2009 : arrivée sur la neufbox de SFR.
Offre VOD
II – le PAF en 2020 : 3 scenarii possibles
Que ce soit par la multiplication des chaînes, par la généralisation des programmes à la demande, ou par la convergence TV/Internet/mobile, le modèle de consommation de la télévision, en France, est en train de radicalement changer.
L’IDATE a mené une réflexion sur l’avenir de la télévision dont nous nous sommes inspirés pour établir ces scenarii.
1. Broadcast As Usual
- Internet ne cannibalise pas les audiences TV traditionnelles.
- La TMP n’a pas les retombées escomptées.
- Les nouveaux modes de diffusion (VoD, catch-up, streaming, 3G) sont complémentaires et additionnels.
CONTEXTE:
Déploiement limité du très haut-débit fixe et mobile
Internet n’a pas muté vers un outil de divertissement
Echec des téléviseurs connectés et du croisement web/télévision
CONSEQUENCE SUR LE PAF :
• Les services Web vidéo n’ont pas accès au contenu premium
• La TV sur mobile reste une niche
• La 3D est cantonnée au cinéma
CONSEQUENCE SUR LA CONSOMMATION VIDEO:
• La télévision loisir de masse reste le moins onéreux
• La télévision reste très majoritairement live, avec un complément de catch-up TV.
2. Community TV
Le scénario Community TV est une sorte de scénario catastrophe, aboutissant sur un bouleversement du paysage audiovisuel en France. Il convient donc de l’envisager avec distance, mais sans pour autant le négliger car les cas de figure qui sont décrits ne sont pas totalement absurdes.
CONTEXTE :
• Instabilité sociale
• Réseau hertzien sous contrôle strict de l’état
• Méfiance des citoyens vis-à-vis des risques sanitaires
• Montée des communautarismes
CONSEQUENCES SUR LA CONSOMMATION VIDEO :
• Fragmentation de l’audience en communautés
CONSEQUENCES SUR LE PAF :
• Migration des annonceurs vers le WEB
• Les diffuseurs privés délaissent le hertzien pour le Web
• Multiplication des WEB TV locales
• Présence des chaînes publiques sur le hertzien uniquement
Scénario peu favorable :
D’un point de vue technique, le réseau hertzien terrestre est très développé en France, contrairement aux USA. Il offre une pénétration très importante.
D’un point de vue financier, le marché « Community TV » étant fragmenté, il risque de ne pas être solvable, sauf si les WEB TV se regroupent pour constituer des réseaux.
3. My Web Video
- Développement de l’Internet ATAWAD
- Explosion des réseaux sociaux
- Tous les contenus audiovisuels accessibles à la demande en ligne et en streaming depuis des réseaux fixes ou mobiles
CONTEXTE
• Le Haut Débit mobile est une réalité
• Les réseaux sociaux font partie du quotidien des Français
• Désormais, tous les contenus sont accessibles en VoD ou en streaming sur les réseaux fixes ou mobiles
CONSEQUENCES SUR LE PAF :
• Désintermédiation des chaînes de TV
• Le rôle de diffuseur se marginalise
• Les chaînes deviennent avant tout des agrégateurs de contenus
• Fusion-acquisitions avec des sociétés de production
• Montée en puissance des producteurs de contenus audiovisuels
• Développement de programmes multi-supports
• Les télécoms = plates-formes de connectivité enrichie
III – Quel futur pour les chaînes généralistes ?
Ainsi si certains modèles proposés par l’IDATE semblent plus favorables que d’autres aux télévisions traditionnelles historiques, le contexte leur impose de revoir leur stratégie afin d’affirmer leur identité.
Au sein de l’hyper-offre et de l’hyper-concurrence actuelle, les chaînes historiques doivent être des marques puissantes et fédératrices face à de nouveaux entrants à la force de frappe beaucoup plus importante à l’instar d’Orange.
La tendance globale des chaînes historiques a de forte chance de rester principalement axée sur son métier de base : la diffusion linéaire.
N’oublions pas qu’elle reste la principale source de revenu et surtout la plus rentable compte tenu du coût des 30 secondes.
Mais la télévision au sens traditionnel du terme ne va-t-elle pas devenir un simple support événementiel, premium? Tentative d’anticipation.
1. TF1
LES REVENUS: Découpage sectoriel du CA 2008
L’antenne est pour le moment la source de financement incontournable compte tenu du tarif de ses écrans publicitaires (entre 70 000 et 115 000 € HT pour 30’’).
Au détail, TF1 affiche sur l’année 2009 une progression de ses recettes publicitaires de 2,7% à 3 milliards d’euros (dont un recul de -3% avant 20h et une progression de +8% après 20h).
Les revenus publicitaires liés au web ne sont pas comparables.
AUDIENCES DES SITES INTERNET
WAT est le site TV qui a cumulé le plus de visiteurs uniques en octobre dernier. Avec 10,7 millions de visiteurs uniques (VU), WAT arrive en tête. 16 minutes de connexion moyenne. (Médiamétrie 2009)
ANALYSE SWOT
ARRET DE LA PUBLICITE SUR France TELEVISION
Depuis l’arrêt de la publicité après 20 heures sur le service public, TF1 continue de fédérer 50 % du public achetable en prime time mais voit le rapport de force tv/annonceur évoluer.
Ainsi bien qu’elle reste incontournable dans une stratégie de recherche de puissance pour les annonceurs, elle se trouve confrontée au succès grandissant de la TNT.
LA TNT
Même si la PDA de TF1 s’effrite et à mesure que la TNT monte, la chaîne reste leader.
Les chaînes de la TNT, parce qu’elles se concurrencent fortement, ont des politiques tarifaires agressives et savent créer de bonnes opportunités pour les agences. Elles sont très intéressantes même si leur audience absolue reste faible par rapport à un prime time de TF1 qui rassemble généralement entre 6 et 8 millions d’individus.
A modérer car la TNT ne représente que 15% des PDA, et 10% des recettes publicitaires.
GOOGLE
TF1 doit faire face à une concurrence sévère sur la Toile. En comparant le chiffre d’affaires publicitaire de TF1, essentiellement composé des revenus publicitaires antenne, avec celui des principaux acteurs de la publicité sur Internet, on s’aperçoit que TF1 va bientôt être rattrapé. Selon une étude de CapGemini sur la publicité sur Internet, les analystes estiment le chiffre d’affaires de Google à près de 800 millions d’euros dans l’hexagone (search et display) soit déjà près de la moitié de celui de TF1 en publicité.
Avec 25 à 30% de croissance par an et de grandes ambitions dans le display (Youtube…), Google pourrait donc dépasser le chiffre d’affaires publicitaire de TF1 dans très peu d’années, d’autant que Google arrive bientôt sur les télévisions connectées à internet grâce un accord avec le constructeur Panasonic.
NOS RECOMMANDATIONS
Action stratégique: réaction offensive
• Cœur de métier : diffusion linéaire
• Investir dans de nouveaux programmes
• Innover dans ses nouveaux contenus
• Développer sa communication cross-média
COEUR DE METRIER : DIFFUSION LINEAIRE
Fédératrice, leader et conservatrice, TF1 maintiendra certainement comme cœur d’activité principal son antenne.
MAINTENIR UNE ANTENNE FORTE
Même si l’audience globale a baissé (26,1 % en 2009 contre 27,2 % en 2008), on observe que TF1 continue d’afficher des audiences fortes sur les Primes times et détient toujours 96 des meilleures audiences sur 100.
CROSS MEDIA
Dans ce foisonnement de supports, le seul dénominateur commun reste le contenu de programmes lui-même. Pour TF1 Publicité, il doit être au centre de toute démarche cross media car c’est lui qui rencontre l’adhésion du public.
Dès leur conception, TF1 doit élaborer ses contenus exclusifs déclinables sur plusieurs supports. C’est pourquoi le groupe a choisi une organisation transversale par lignes de contenus.
CONDITIONS
TF1 ne doit pas trop dégrader ses capacités d’investissement. La spirale des mauvais scores entame sa trésorerie. Et à terme, elle risque de ne plus avoir assez de cartouches pour assurer le grand spectacle auquel les petites chaînes ne peuvent avoir accès.
TF1 doit également veiller à ne pas diluer son image à force de diversification : il faudra faire plus qu’acquérir des sites internet dont les audiences cumulées permettent de vendre de l’espace publicitaire. TF1 doit créer une véritable marque globale pour affronter dans un proche futur la concurrence de Google ou encore de constructeurs tel que Sony et Samsung.
2. France Télévisions
EVOLUTION ET REPARTITION DU CA 2008 (en millions d’euros)
• Un service public en pleine mutation interne (changement de statut), peut freiner sa mutation. Accords Orange = VOD gratuite. Innove avec Catch-up.
• Audience France 2 2009 : 16,7 %, (- 0,8 point)
• Audience France 3 2009 : 11,8% (- 1,5 point)
• Audience site FTV : deuxième derrière TF1 avec 7,6 millions de VU, avec 24 minutes de connexion moyenne (Médiamétrie // Net ratings, Octobre 2009)
Première confirmation : France Télévisions, à travers France 2, France 3, France 4 et France 5, s’adjuge la place de premier groupe audiovisuel français et européen en termes d’audience. La respectable BBC est reléguée très loin derrière… La part d’audience du groupe public atteint 33,3 % (du lundi 4 au lundi 11 janvier).
SWOT FRANCE TELEVISIONS
FORCES & FAIBLESSES DU GROUPE
Dans les différents sondages d’opinion, les chaînes du groupe France Télévisions récoltent les meilleurs suffrages : ses animateurs et ses programmes sont plébiscités lui conférant ainsi une très bonne image.
Malgré l’arrivée des chaînes de la TNT et le développement des nouveaux médias, les chaînes publiques historiques France 2 et France 3 résistent bien. Leur part d’audience nationale affiche une très légère baisse (respectivement 0.8 et 1.5 points).
De même, contrairement aux chaînes commerciales, le groupe FTV a ses ressources financières garanties en partie par des textes législatifs : que ce soit par le biais de la redevance ou par les taxes sur le chiffre d’affaires des chaînes privées et des opérateurs de télécommunications. Toutefois, la suppression totale de la publicité engendra un manque de financement qui ne sera pas totalement compensé.
PARTICULARITÉ : SERVICE PUBLIC
Conformément à ses cahiers des charges, le groupe France Télévisions dispose de missions de service public envers les téléspectateurs français qui se traduisent principalement par une offre de programmes diversifiée : information, éducation, culture, histoire…
A l’inverse, tout cela représente d’importantes charges qui sont incompressibles et qui peuvent freiner les investissements nécessaires aux innovations.
ENJEUX
La régie publicitaire France Télévisions Publicité est en passe d’être rachetée par le consortium LOV-Publicis. La privatisation conduit nécessairement la régie à une diversification plus poussée de sa vente d’espaces publicitaires, autrement dit les nouveaux médias comme les portails web des chaînes publiques.
De même, le groupe public pourrait considérer la convergence comme un moyen d’assurer ses engagements de service public, notamment en termes de visibilité et d’accessibilité au plus grand nombre.
RECOMMANDATIONS
Bénéficiant d’un large catalogue d’émissions (fictions, magazines, documentaires), France Télévisions devrait s’orienter vers la distribution de programmes à l’international à la manière de la BBC. Cela représenterait un important levier de croissance.
A l’image de l’accord (non renouvelé) avec Orange, le groupe public devrait renouer ce genre d’alliances avec l’ensemble des distributeurs de programmes TV au sens large (FAI, opérateurs mobiles, de câble et de satellite) afin de permettre les accès VoD et catch-up sur tous les supports existants.
3. M6
La « petite chaîne qui monte » a très rapidement fait une large place à la diversification dans la répartition de son chiffre d’affaires. Ainsi, outre les revenus publicitaires classiques, elle développe ses activités, ses marques ombrelles et ses produits dérivés.
ANALYSE SECTORIELLE DU CA 2008
Les diversifications représentent presque la moitié du CA de M6, ce qui prouve bien la concentration de la chaîne sur ses activités annexes.
Diversification : la publicité n’étant pas extensible, M6 est allé chercher ailleurs sur le marché des ressources supplémentaires : M6 mobile, M6 Interactions (label musical), partenariats.
SWOT M6
M6 : LA VITRINE DU GROUPE
Autrefois « la petite chaîne » à dominante musicale a fait évoluer sa ligne éditoriale et se positionne désormais comme chaîne généraliste. Ainsi grâce à sa gestion serrée et à ses liquidités acquises, la chaîne a pu travailler sur son image par sa programmation mais aussi par ses investissements, à l’instar de son implication dans le football Club des Girondins de Bordeaux. M6 se diversifie et investit donc de nouveaux supports mais sert également de marque de référence ou de partenaire comme par exemple pour l’offre MVNO M6 mobile by Orange, MSN&M6 pour l’information ou encore les services bancaires avec le Crédit Agricole.
CROSS MEDIA
Sa puissance financière lui a donc permis notamment de se positionner sur dans les bouquets câble/sat à leur lancement, sur la TNT ou encore la TMP. Ainsi, la chaîne a négocié rapidement ses droits en terme multi-canal ce qui lui a permis de se mettre en avant comme innovante en lançant M6 Replay. Elle développe des partenariats pour la diffusion de ses contenus mais se positionne également sur de nouveaux marchés en vendant sa marque et en jouant sur sa notoriété: M6 mobile by Orange, les cartes bancaires oranges … Se basant sur une stratégie Cross-media, le groupe travaille sur de véritables synergies publicitaires sur tous supports publicitaires et développe son activité VOD et sa plate forme de catch-up tv.
Parallèlement, le groupe poursuit sa croissance et son intégration des activités grâce au savoir-faire du groupe Cyréalis. Les sites du groupe sont alors redynamisés faisant une plus grande place à l’interactivité. La chaîne a donc les outils pour proposer une offre cross-média pertinente dont il faut optimiser la monétisation.
LE « CHALLENGER »
Par son positionnement de « challenger historique gratuit », M6 a plus de liberté, car a depuis toujours opté pour une stratégie de diversification et d’innovation. Ainsi, contrairement à TF1, elle peut investir des supports même si elle sait qu’elle ne sera pas leader afin de multiplier les sources de revenus. Ainsi elle développe aussi bien des activités musicales, des concerts, de la presse, des jeux avec M6 interactive que de la vente à distance via Ventadis ou Mistergoodeal.
SND
Désormais la société distribue 30% de films français et 70% de films américains et n’exclut pas d’augmenter sa présence sur les films étrangers à une période ou les grands studios américains se rapprochent des acteurs européens. Elles imposent cette année avec quatre de ses co-productions dans le top 10 français avec le Petit Nicolas, Lol, Oss 117 et Rio ne répond plus ou encore un blockbuster tel que Twilight 2.
CONDITIONS
La chaîne a su se créer une place dans le paysage audiovisuel mais elle reste très dépendante pour une partie de son activité des contenus audiovisuels et cinématographiques américains. Alors qu’elle produit peu de séries françaises et que ses docu-réalité s’essoufflent, il est impératif pour elle de garder le contrôle sur le territoire français notamment sur ses séries phares produites par les networks US. Afin de conserver son antenne/vitrine, la chaîne va devoir renforcer son pouvoir de négociation auprès des producteurs et développer son offre en intégrant les nouveaux usages qui vont de pair avec les répercussions de l’innovation de rupture que représente l’avènement du numérique.
CONCLUSION
Les groupes de télévision historiques développent une stratégie différente. Mais si chacun s’appuie sur les opportunités que leur offre la convergence pour travailler sur une offre multi-support et cross-média, la majeure partie de leur activité reste centrée sur la diffusion traditionnelle. Malgré leur capacité à fédérer une large audience, et le revenu que leur apporte la publicité traditionnelle, il faut qu’ils véritablement remettent en question leur mode de fonctionnement. Fusion entre Internet et télévision, les téléviseurs connectés vont rendre accessible au plus grand nombre et rendre plus facile la prise de contrôle des contenus favorisant la dissociation entre l’antenne et les contenus. De fait, les télévisions risquent de voir leur audience cannibalisée mais surtout de perdre le contrôle de leur contenus face à une multiplication des diffuseurs et des détenteurs de droits : Youtube, Sony, Orange… chacun pourra proposer ses programmes négocier en amont avec les producteurs détruisant l’avantage premium que les télévisions historiques avaient jusqu’à présent.
La télévision doit donc être repensée et devenir la nouvelle expérience télévisuelle.
Exposé réalisé par Anne-Sophie Batalla, Laurence de Cintré, Raphaël Lépaulard et Virginie Pallatier.
Master 226 promotion 2010 - Université Paris Dauphine.

