I - Présentation du marché et chiffres clés :
Le marchĂ© audiovisuel français subit aujourdâhui dâimportantes mutations, dans les usages comme dans les contenus, en raison de la dĂ©multiplication croissante des canaux de diffusion.
Touchant la rĂ©partition des parts de marchĂ©, les audiences des chaĂźnes traditionnelles sâĂ©rodent et se fragmentent, au profit de la TNT et des « autres chaĂźnes » comme nous le voyons ci-dessous :
Mais plusieurs vecteurs de croissance viennent également bouleverser le décor audiovisuel français au détriment des axes de développement que nous connaissons habituellement.
1. Les nouvelles attentes du téléspectateur :
Face Ă lâoffre de contenu potentiellement infini qui lui est offert et la multiplication des Ă©crans (TV, ordinateur, Mobile âŠ), le tĂ©lĂ©spectateur dĂ©couvre et engendre de nouveaux usages. Il prend alors le contrĂŽle de sa consommation, lâindividualisant et la personnalisant chaque jour un peu plus.
ParallÚlement aux usages, le vocabulaire évolue :
- multitasking,
- time shifting,
- nomadisme,
- délinéarisation,
- globalisation,
- TV 2.0âŠ
La tĂ©lĂ©vision entre dans lâĂšre du ATAWAD : AnyTime, AnyWhere, AnyDevice
2. LâĂ©volution des terminaux :
Les contenus audiovisuels sâaffranchissent de la tĂ©lĂ©vision et investissent une diversitĂ© de terminaux : mobile, ordinateur⊠Mais lâenjeu tient Ă©galement dans lâinterphase de ces supports car ils sont Ă lâorigine dâune modification profonde de la consommation. Ainsi, outre le risque que reprĂ©sente lâarrivĂ©e sur le marchĂ© de nouveaux diffuseurs de contenu tel que les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©communications, lâarrivĂ©e des tĂ©lĂ©viseurs connectĂ©s est alors une vĂ©ritable menace pour le mĂ©dia traditionnel.
3. Evolution du modÚle de la télévision :
Les télévisions traditionnelles sont donc obligées de se réinventer et de développer de nouvelles offres.
4. Lâoffre dĂ©linĂ©arisĂ©e :
CATCH-UP
- Mai 2007 : TF1 Vision en complémentarité de la VoD.
- Avril 2009 : refonte de TF1.fr (plateforme principale pour la catch-up TV.
- Service basé sur la technologie Wat.
- Financement basé sur la publicité (parrainage et coupures).
- 50% de la grille antenne (60h de programmes).
- Emissions de flux, et quelques programmes de stock.
- Juillet 2009 : TF1 Player pour iPhone et prochainement sur Google Android
3,99âŹ/an.
- Novembre 2009 : MyTF1 sur la Bbox de Bouygues Telecom (prochainement sur les box des autres FAI).
VOD
- 2005 : lancement de tf1vision.com.
- Catalogue : 6500 vidĂ©os (sĂ©ries US et françaises, films, tĂ©lĂ©films, animation, documentairesâŠ).
- Reprise sur la plupart des FAI : Free,Alice, SFR, Numericable et Bbox.
- Présence sur le mobile :
DĂ©veloppement dâune application pour iPhone,
Partenariat avec Sony Ericsson, Archos et Apple.
Offre VOD :
CATCH-UP
- Juillet 2007 : exclusivité à Orange.
- Programmes diffusĂ©s entre 18h et 24h (sauf cinĂ©ma, du sport et de lâinformation).
Période de validité :
- 7 jours pour le flux.
- Entre 7 et 30 jours pour le stock.
Janvier 2010 : évolution du service Rewind TV en 24/24 TV.
Accessible sur :
- 24/24 TV (Livebox et orange.fr).
- Orange World (partenariat Orange non reconduit en 2010).
- Lancement courant 2010 dâune plate-forme commune Ă toutes les chaĂźnes du groupe.
VOD
- 2008 : lancement de francetvod.fr.
Programmes productions propres (stock et flux) + 70 films.
- Offre groupĂ©e Ă tarif dĂ©gressif (1, 2, n Ă©pisodesâŠ).
Offre VOD :
CATCH-UP
- Mars 2008: lancement de M6 Replay.
- disponibilité 7 à 15 jours aprÚs la 1Úre diffusion.
- Technologie : streaming vidéo.
- Financement : publicité (parrainage, écrans).
- Programmes entre 18h et 24h (sauf cinéma et sport) + flux de day-time et des émissions jeunesse (130 programmes).
- Janvier 2009 : arrivée dans le bouquet TV et portail mobile Orange.
- Août 2009 : arrivée sur la neufbox de SFR.
- Décembre 2009 : arrivée sur Canalsat, lancement de W9 Replay.
VOD
- Octobre 2009 : lancement de M6 VOD.FR, en partenariat avec Video Futur
2000 films + sĂ©ries TV (NCIS, Kaamelott, BonesâŠ).
- Décembre 2009 : arrivée sur la neufbox de SFR.
Offre VOD
II â le PAF en 2020 : 3 scenarii possibles
Que ce soit par la multiplication des chaßnes, par la généralisation des programmes à la demande, ou par la convergence TV/Internet/mobile, le modÚle de consommation de la télévision, en France, est en train de radicalement changer.
LâIDATE a menĂ© une rĂ©flexion sur lâavenir de la tĂ©lĂ©vision dont nous nous sommes inspirĂ©s pour Ă©tablir ces scenarii.
1. Broadcast As Usual
- Internet ne cannibalise pas les audiences TV traditionnelles.
- La TMP nâa pas les retombĂ©es escomptĂ©es.
- Les nouveaux modes de diffusion (VoD, catch-up, streaming, 3G) sont complémentaires et additionnels.
CONTEXTE:
Déploiement limité du trÚs haut-débit fixe et mobile
Internet nâa pas mutĂ© vers un outil de divertissement
Echec des téléviseurs connectés et du croisement web/télévision
CONSEQUENCE SUR LE PAF :
âą Les services Web vidĂ©o nâont pas accĂšs au contenu premium
âą La TV sur mobile reste une niche
⹠La 3D est cantonnée au cinéma
CONSEQUENCE SUR LA CONSOMMATION VIDEO:
⹠La télévision loisir de masse reste le moins onéreux
⹠La télévision reste trÚs majoritairement live, avec un complément de catch-up TV.
2. Community TV
Le scĂ©nario Community TV est une sorte de scĂ©nario catastrophe, aboutissant sur un bouleversement du paysage audiovisuel en France. Il convient donc de lâenvisager avec distance, mais sans pour autant le nĂ©gliger car les cas de figure qui sont dĂ©crits ne sont pas totalement absurdes.
CONTEXTE :
⹠Instabilité sociale
âą RĂ©seau hertzien sous contrĂŽle strict de lâĂ©tat
⹠Méfiance des citoyens vis-à -vis des risques sanitaires
⹠Montée des communautarismes
CONSEQUENCES SUR LA CONSOMMATION VIDEO :
âą Fragmentation de lâaudience en communautĂ©s
CONSEQUENCES SUR LE PAF :
âą Migration des annonceurs vers le WEB
⹠Les diffuseurs privés délaissent le hertzien pour le Web
âą Multiplication des WEB TV locales
⹠Présence des chaßnes publiques sur le hertzien uniquement
Scénario peu favorable :
Dâun point de vue technique, le rĂ©seau hertzien terrestre est trĂšs dĂ©veloppĂ© en France, contrairement aux USA. Il offre une pĂ©nĂ©tration trĂšs importante.
Dâun point de vue financier, le marchĂ© « Community TV » Ă©tant fragmentĂ©, il risque de ne pas ĂȘtre solvable, sauf si les WEB TV se regroupent pour constituer des rĂ©seaux.
3. My Web Video
- DĂ©veloppement de lâInternet ATAWAD
- Explosion des réseaux sociaux
- Tous les contenus audiovisuels accessibles à la demande en ligne et en streaming depuis des réseaux fixes ou mobiles
CONTEXTE
⹠Le Haut Débit mobile est une réalité
⹠Les réseaux sociaux font partie du quotidien des Français
⹠Désormais, tous les contenus sont accessibles en VoD ou en streaming sur les réseaux fixes ou mobiles
CONSEQUENCES SUR LE PAF :
⹠Désintermédiation des chaßnes de TV
âą Le rĂŽle de diffuseur se marginalise
⹠Les chaßnes deviennent avant tout des agrégateurs de contenus
⹠Fusion-acquisitions avec des sociétés de production
⹠Montée en puissance des producteurs de contenus audiovisuels
⹠Développement de programmes multi-supports
⹠Les télécoms = plates-formes de connectivité enrichie
III â Quel futur pour les chaĂźnes gĂ©nĂ©ralistes ?
Ainsi si certains modĂšles proposĂ©s par lâIDATE semblent plus favorables que d’autres aux tĂ©lĂ©visions traditionnelles historiques, le contexte leur impose de revoir leur stratĂ©gie afin d’affirmer leur identitĂ©.
Au sein de l’hyper-offre et de l’hyper-concurrence actuelle, les chaĂźnes historiques doivent ĂȘtre des marques puissantes et fĂ©dĂ©ratrices face Ă de nouveaux entrants Ă la force de frappe beaucoup plus importante Ă l’instar d’Orange.
La tendance globale des chaßnes historiques a de forte chance de rester principalement axée sur son métier de base : la diffusion linéaire.
N’oublions pas qu’elle reste la principale source de revenu et surtout la plus rentable compte tenu du coĂ»t des 30 secondes.
Mais la tĂ©lĂ©vision au sens traditionnel du terme ne va-t-elle pas devenir un simple support Ă©vĂ©nementiel, premium? Tentative dâanticipation.
1. TF1
LES REVENUS: Découpage sectoriel du CA 2008
Lâantenne est pour le moment la source de financement incontournable compte tenu du tarif de ses Ă©crans publicitaires (entre 70 000 et 115 000 ⏠HT pour 30ââ).
Au dĂ©tail, TF1 affiche sur l’annĂ©e 2009 une progression de ses recettes publicitaires de 2,7% Ă 3 milliards d’euros (dont un recul de -3% avant 20h et une progression de +8% aprĂšs 20h).
Les revenus publicitaires liés au web ne sont pas comparables.
AUDIENCES DES SITES INTERNET
WAT est le site TV qui a cumulĂ© le plus de visiteurs uniques en octobre dernier. Avec 10,7 millions de visiteurs uniques (VU), WAT arrive en tĂȘte. 16 minutes de connexion moyenne. (MĂ©diamĂ©trie 2009)
ANALYSE SWOT
ARRET DE LA PUBLICITE SUR France TELEVISION
Depuis lâarrĂȘt de la publicitĂ© aprĂšs 20 heures sur le service public, TF1 continue de fĂ©dĂ©rer 50 % du public achetable en prime time mais voit le rapport de force tv/annonceur Ă©voluer.
Ainsi bien quâelle reste incontournable dans une stratĂ©gie de recherche de puissance pour les annonceurs, elle se trouve confrontĂ©e au succĂšs grandissant de la TNT.
LA TNT
MĂȘme si la PDA de TF1 sâeffrite et Ă mesure que la TNT monte, la chaĂźne reste leader.
Les chaĂźnes de la TNT, parce quâelles se concurrencent fortement, ont des politiques tarifaires agressives et savent crĂ©er de bonnes opportunitĂ©s pour les agences. Elles sont trĂšs intĂ©ressantes mĂȘme si leur audience absolue reste faible par rapport Ă un prime time de TF1 qui rassemble gĂ©nĂ©ralement entre 6 et 8 millions dâindividus.
A modérer car la TNT ne représente que 15% des PDA, et 10% des recettes publicitaires.
GOOGLE
TF1 doit faire face Ă une concurrence sĂ©vĂšre sur la Toile. En comparant le chiffre d’affaires publicitaire de TF1, essentiellement composĂ© des revenus publicitaires antenne, avec celui des principaux acteurs de la publicitĂ© sur Internet, on s’aperçoit que TF1 va bientĂŽt ĂȘtre rattrapĂ©. Selon une Ă©tude de CapGemini sur la publicitĂ© sur Internet, les analystes estiment le chiffre d’affaires de Google Ă prĂšs de 800 millions d’euros dans l’hexagone (search et display) soit dĂ©jĂ prĂšs de la moitiĂ© de celui de TF1 en publicitĂ©.
Avec 25 Ă 30% de croissance par an et de grandes ambitions dans le display (YoutubeâŠ), Google pourrait donc dĂ©passer le chiffre d’affaires publicitaire de TF1 dans trĂšs peu dâannĂ©es, dâautant que Google arrive bientĂŽt sur les tĂ©lĂ©visions connectĂ©es Ă internet grĂące un accord avec le constructeur Panasonic.
NOS RECOMMANDATIONS
Action stratégique: réaction offensive
âą CĆur de mĂ©tier : diffusion linĂ©aire
âą Investir dans de nouveaux programmes
âą Innover dans ses nouveaux contenus
⹠Développer sa communication cross-média
COEUR DE METRIER : DIFFUSION LINEAIRE
FĂ©dĂ©ratrice, leader et conservatrice, TF1 maintiendra certainement comme cĆur d’activitĂ© principal son antenne.
MAINTENIR UNE ANTENNE FORTE
MĂȘme si lâaudience globale a baissĂ© (26,1 % en 2009 contre 27,2 % en 2008), on observe que TF1 continue d’afficher des audiences fortes sur les Primes times et dĂ©tient toujours 96 des meilleures audiences sur 100.
CROSS MEDIA
Dans ce foisonnement de supports, le seul dĂ©nominateur commun reste le contenu de programmes lui-mĂȘme. Pour TF1 PublicitĂ©, il doit ĂȘtre au centre de toute dĂ©marche cross media car câest lui qui rencontre lâadhĂ©sion du public.
DĂšs leur conception, TF1 doit Ă©laborer ses contenus exclusifs dĂ©clinables sur plusieurs supports. Câest pourquoi le groupe a choisi une organisation transversale par lignes de contenus.
CONDITIONS
TF1 ne doit pas trop dĂ©grader ses capacitĂ©s d’investissement. La spirale des mauvais scores entame sa trĂ©sorerie. Et Ă terme, elle risque de ne plus avoir assez de cartouches pour assurer le grand spectacle auquel les petites chaĂźnes ne peuvent avoir accĂšs.
TF1 doit Ă©galement veiller Ă ne pas diluer son image Ă force de diversification : il faudra faire plus quâacquĂ©rir des sites internet dont les audiences cumulĂ©es permettent de vendre de lâespace publicitaire. TF1 doit crĂ©er une vĂ©ritable marque globale pour affronter dans un proche futur la concurrence de Google ou encore de constructeurs tel que Sony et Samsung.
2. France Télévisions
EVOLUTION ET REPARTITION DU CA 2008 (en millions dâeuros)
âą Un service public en pleine mutation interne (changement de statut), peut freiner sa mutation. Accords Orange = VOD gratuite. Innove avec Catch-up.
âą Audience France 2 2009 : 16,7 %, (- 0,8 point)
âą Audience France 3 2009 : 11,8% (- 1,5 point)
⹠Audience site FTV : deuxiÚme derriÚre TF1 avec 7,6 millions de VU, avec 24 minutes de connexion moyenne (Médiamétrie // Net ratings, Octobre 2009)
PremiĂšre confirmation : France TĂ©lĂ©visions, Ă travers France 2, France 3, France 4 et France 5, s’adjuge la place de premier groupe audiovisuel français et europĂ©en en termes d’audience. La respectable BBC est relĂ©guĂ©e trĂšs loin derriĂšre… La part d’audience du groupe public atteint 33,3 % (du lundi 4 au lundi 11 janvier).
SWOT FRANCE TELEVISIONS
FORCES & FAIBLESSES DU GROUPE
Dans les diffĂ©rents sondages dâopinion, les chaĂźnes du groupe France TĂ©lĂ©visions rĂ©coltent les meilleurs suffrages : ses animateurs et ses programmes sont plĂ©biscitĂ©s lui confĂ©rant ainsi une trĂšs bonne image.
MalgrĂ© lâarrivĂ©e des chaĂźnes de la TNT et le dĂ©veloppement des nouveaux mĂ©dias, les chaĂźnes publiques historiques France 2 et France 3 rĂ©sistent bien. Leur part dâaudience nationale affiche une trĂšs lĂ©gĂšre baisse (respectivement 0.8 et 1.5 points).
De mĂȘme, contrairement aux chaĂźnes commerciales, le groupe FTV a ses ressources financiĂšres garanties en partie par des textes lĂ©gislatifs : que ce soit par le biais de la redevance ou par les taxes sur le chiffre dâaffaires des chaĂźnes privĂ©es et des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©communications. Toutefois, la suppression totale de la publicitĂ© engendra un manque de financement qui ne sera pas totalement compensĂ©.
PARTICULARITĂ : SERVICE PUBLIC
ConformĂ©ment Ă ses cahiers des charges, le groupe France TĂ©lĂ©visions dispose de missions de service public envers les tĂ©lĂ©spectateurs français qui se traduisent principalement par une offre de programmes diversifiĂ©e : information, Ă©ducation, culture, histoireâŠ
A lâinverse, tout cela reprĂ©sente dâimportantes charges qui sont incompressibles et qui peuvent freiner les investissements nĂ©cessaires aux innovations.
ENJEUX
La rĂ©gie publicitaire France TĂ©lĂ©visions PublicitĂ© est en passe dâĂȘtre rachetĂ©e par le consortium LOV-Publicis. La privatisation conduit nĂ©cessairement la rĂ©gie Ă une diversification plus poussĂ©e de sa vente dâespaces publicitaires, autrement dit les nouveaux mĂ©dias comme les portails web des chaĂźnes publiques.
De mĂȘme, le groupe public pourrait considĂ©rer la convergence comme un moyen dâassurer ses engagements de service public, notamment en termes de visibilitĂ© et dâaccessibilitĂ© au plus grand nombre.
RECOMMANDATIONS
BĂ©nĂ©ficiant dâun large catalogue dâĂ©missions (fictions, magazines, documentaires), France TĂ©lĂ©visions devrait sâorienter vers la distribution de programmes Ă lâinternational Ă la maniĂšre de la BBC. Cela reprĂ©senterait un important levier de croissance.
A lâimage de lâaccord (non renouvelĂ©) avec Orange, le groupe public devrait renouer ce genre dâalliances avec lâensemble des distributeurs de programmes TV au sens large (FAI, opĂ©rateurs mobiles, de cĂąble et de satellite) afin de permettre les accĂšs VoD et catch-up sur tous les supports existants.
3. M6
La « petite chaĂźne qui monte » a trĂšs rapidement fait une large place Ă la diversification dans la rĂ©partition de son chiffre dâaffaires. Ainsi, outre les revenus publicitaires classiques, elle dĂ©veloppe ses activitĂ©s, ses marques ombrelles et ses produits dĂ©rivĂ©s.
ANALYSE SECTORIELLE DU CA 2008
Les diversifications représentent presque la moitié du CA de M6, ce qui prouve bien la concentration de la chaßne sur ses activités annexes.
Diversification : la publicitĂ© nâĂ©tant pas extensible, M6 est allĂ© chercher ailleurs sur le marchĂ© des ressources supplĂ©mentaires : M6 mobile, M6 Interactions (label musical), partenariats.
SWOT M6
M6 : LA VITRINE DU GROUPE
Autrefois « la petite chaĂźne » Ă dominante musicale a fait Ă©voluer sa ligne Ă©ditoriale et se positionne dĂ©sormais comme chaĂźne gĂ©nĂ©raliste. Ainsi grĂące Ă sa gestion serrĂ©e et Ă ses liquiditĂ©s acquises, la chaĂźne a pu travailler sur son image par sa programmation mais aussi par ses investissements, Ă lâinstar de son implication dans le football Club des Girondins de Bordeaux. M6 se diversifie et investit donc de nouveaux supports mais sert Ă©galement de marque de rĂ©fĂ©rence ou de partenaire comme par exemple pour lâoffre MVNO M6 mobile by Orange, MSN&M6 pour lâinformation ou encore les services bancaires avec le CrĂ©dit Agricole.
CROSS MEDIA
Sa puissance financiĂšre lui a donc permis notamment de se positionner sur dans les bouquets cĂąble/sat Ă leur lancement, sur la TNT ou encore la TMP. Ainsi, la chaĂźne a nĂ©gociĂ© rapidement ses droits en terme multi-canal ce qui lui a permis de se mettre en avant comme innovante en lançant M6 Replay. Elle dĂ©veloppe des partenariats pour la diffusion de ses contenus mais se positionne Ă©galement sur de nouveaux marchĂ©s en vendant sa marque et en jouant sur sa notoriĂ©tĂ©: M6 mobile by Orange, les cartes bancaires oranges … Se basant sur une stratĂ©gie Cross-media, le groupe travaille sur de vĂ©ritables synergies publicitaires sur tous supports publicitaires et dĂ©veloppe son activitĂ© VOD et sa plate forme de catch-up tv.
ParallĂšlement, le groupe poursuit sa croissance et son intĂ©gration des activitĂ©s grĂące au savoir-faire du groupe CyrĂ©alis. Les sites du groupe sont alors redynamisĂ©s faisant une plus grande place Ă lâinteractivitĂ©. La chaĂźne a donc les outils pour proposer une offre cross-mĂ©dia pertinente dont il faut optimiser la monĂ©tisation.
LE « CHALLENGER »
Par son positionnement de « challenger historique gratuit », M6 a plus de libertĂ©, car a depuis toujours optĂ© pour une stratĂ©gie de diversification et d’innovation. Ainsi, contrairement Ă TF1, elle peut investir des supports mĂȘme si elle sait quâelle ne sera pas leader afin de multiplier les sources de revenus. Ainsi elle dĂ©veloppe aussi bien des activitĂ©s musicales, des concerts, de la presse, des jeux avec M6 interactive que de la vente Ă distance via Ventadis ou Mistergoodeal.
SND
DĂ©sormais la sociĂ©tĂ© distribue 30% de films français et 70% de films amĂ©ricains et nâexclut pas dâaugmenter sa prĂ©sence sur les films Ă©trangers Ă une pĂ©riode ou les grands studios amĂ©ricains se rapprochent des acteurs europĂ©ens. Elles imposent cette annĂ©e avec quatre de ses co-productions dans le top 10 français avec le Petit Nicolas, Lol, Oss 117 et Rio ne rĂ©pond plus ou encore un blockbuster tel que Twilight 2.
CONDITIONS
La chaĂźne a su se crĂ©er une place dans le paysage audiovisuel mais elle reste trĂšs dĂ©pendante pour une partie de son activitĂ© des contenus audiovisuels et cinĂ©matographiques amĂ©ricains. Alors quâelle produit peu de sĂ©ries françaises et que ses docu-rĂ©alitĂ© sâessoufflent, il est impĂ©ratif pour elle de garder le contrĂŽle sur le territoire français notamment sur ses sĂ©ries phares produites par les networks US. Afin de conserver son antenne/vitrine, la chaĂźne va devoir renforcer son pouvoir de nĂ©gociation auprĂšs des producteurs et dĂ©velopper son offre en intĂ©grant les nouveaux usages qui vont de pair avec les rĂ©percussions de lâinnovation de rupture que reprĂ©sente lâavĂšnement du numĂ©rique.
CONCLUSION
Les groupes de tĂ©lĂ©vision historiques dĂ©veloppent une stratĂ©gie diffĂ©rente. Mais si chacun sâappuie sur les opportunitĂ©s que leur offre la convergence pour travailler sur une offre multi-support et cross-mĂ©dia, la majeure partie de leur activitĂ© reste centrĂ©e sur la diffusion traditionnelle. MalgrĂ© leur capacitĂ© Ă fĂ©dĂ©rer une large audience, et le revenu que leur apporte la publicitĂ© traditionnelle, il faut quâils vĂ©ritablement remettent en question leur mode de fonctionnement. Fusion entre Internet et tĂ©lĂ©vision, les tĂ©lĂ©viseurs connectĂ©s vont rendre accessible au plus grand nombre et rendre plus facile la prise de contrĂŽle des contenus favorisant la dissociation entre lâantenne et les contenus. De fait, les tĂ©lĂ©visions risquent de voir leur audience cannibalisĂ©e mais surtout de perdre le contrĂŽle de leur contenus face Ă une multiplication des diffuseurs et des dĂ©tenteurs de droits : Youtube, Sony, Orange⊠chacun pourra proposer ses programmes nĂ©gocier en amont avec les producteurs dĂ©truisant lâavantage premium que les tĂ©lĂ©visions historiques avaient jusquâĂ prĂ©sent.
La tĂ©lĂ©vision doit donc ĂȘtre repensĂ©e et devenir la nouvelle expĂ©rience tĂ©lĂ©visuelle.
Exposé réalisé par Anne-Sophie Batalla, Laurence de Cintré, Raphaël Lépaulard et Virginie Pallatier.
Master 226 promotion 2010 - Université Paris Dauphine.

